
NANCY
Nancy se découvre à travers les âges. Le Moyen Age d'abord, avec la vieille ville qui se blottit autour de la basilique Saint-Epvre et de la porte de la Craffe (deux grosses tours rondes du XIV, siècle, encadrant un corps de logis) en passant par la Grande-Rue. Des ruelles étroites, de nombreux hôtels particuliers, des boutiques au charme d'antan invitent à la promenade et font le charme de la «Ville-Vieille». Le plus ancien édifice de la ville originelle ne se situe cependant pas dans ce quàrtier, contrairement à ce que l'on pourrait penser. Cet apanage revient à la tour de la Commanderie (XII' siècle), qui était à l'origine la tour de guet des faubourgs Saint-Jean, et qui est visible près de la place du même nom (sa tour blanche ressemble à un moulin).
Vient le )(1/111, siècle, ensuite, avec le triptyque place d'Alliance, place de la Carrière et place Stanislas (que les Nancéiens appellent « place Stan »), coeur névralgique de la ville. Ensemble architectural unique au monde, il est inscrit au Patrimoine mondial de l'Unesco pour sa «grande cohérence» et «sa parfaite réussite monumentale qui allie la recherche du prestige et de l'exaltation du souverain au souci de la fonctionnalité ». Pour son 250, anniversaire, en 2005, la placé Stanislas a retrouvé ses pavés blancs et a été rendue aux piétons : elle y a encore gagné en cachet.
A la fin du XIX, siècle, avec l'école de Nancy, la ville s'est fortement inscrite dans le mouvement Art nouveau. Ce mouvement artistique a laissé son empreinte dans tous les quartiers et a transformé la ville en profondeur. Une petite dizaine d'artistes y a suffi. Animés par le même désir d'allier les éléments naturels et les innovations techniques, ils ont donné à des bâtiments commerciaux, à des villas et à des maisons particulières un caractère exceptionnel qui placent Nancy au premier plan des villes européennes représentatives de ce courant. La villa Majorelle en est l'un des plus célèbres exemples.
La Lorraine est terre de jardins: on en dénombre une bonne centaine. Nancy en compte une quinzaine à elle seule, du petit espace vert (Jardin de la Citadelle) jusqu'au grand parc (parc de la Cure d'Air ou parc de la Pépinière), en passant par un Jardin d'eau, un potager (dans le Jardin Paul-Verlaine), un fruitier (Jardins du Belvédère) et un jardin réservé aux enfants (Jardin du Petit Poucet). Le plus ancien de ces espaces verts est le jardin botanique Dominique-Alexandre-Godron (fondé par Stanislas en 1758).
PLACE D'ALLIANCE
Anciennement Saint-Stanislas, la place d'Alliance complète l'ensemble architectural commandé par le roi Stanislas à Emmanuel Héré. Autour, les potagers ducaux disparaissent au profit de quartiers, à proximité de l'ancienne place Royale. Avec sa fontaine baroque au centre, sculptée par Cyfflé, c'est l'une des plus belles places de Nancy. Son nom symbolise l'alliance scellée entre l'Empire austro-hongrois et la France.
PLACE CARRIERE
La place de la Carrière voit le jour au milieu du XVI, siècle. Elle accueillait les joutes et tournois médiévaux. Stanislas confia à Héré la construction du palais de l'Intendance, devenu palais du Gouvernement. Elle est bordée par des bâtiments à l'architecture remarquable : l'hôtel de Beauvau-Craon et la Bourse des Marchands, dont les balcons en fer forgé sont signés Jean Lamour.
PLACE STANISLAS
Jusqu'au milieu du siècle, une vaste esplanade séparait la ville-vieille et la ville-neuve de Nancy. Stanislas Leszczynski, ancien roi de Pologne, devenu duc de Lorraine en 1737, projeta d'y établir une place destinée à honorer et à glorifier son gendre, le roi de France Louis XV. Première de toutes les places royales françaises, elle sacralise l'image de marque royale tout en accueillant les festivités populaires. La place fut dessinée par Emmanuel Héré ; la première pierre du premier pavillon fut officiellement posée en 1752 et la place inaugurée en 1755. A l'origine, une statue de Louis XV trônait au milieu de la place Mais elle fut détruite pendant la Révolution et remplacée en 1831 par une statue représentant Stanislas. Tout autour, des bâtiments classiques abritent actuellement l'hôtel de ville, l'opéra et le musée des Beaux-Arts, ainsi que de très nombreux cafés et restaurants. Les grilles en fer forgé rehaussées d'or sont l'oeuvre du serrurier Jean Lamour. Elles relient entre eux les pavillons qui l'entourent et témoignent de l'art rocaille, tout comme les fontaines d'Amphitrite et de Neptune. La nuit, la place s'illumine et devient un spectacle à elle seule.
MUSEE DES BEAUX-ARTS
Ce musée présente l'art en Europe du XV' siècle au XX, siècle. Les amateurs d'art s'épanouissent dans cet antre lumineux et coloré, qui rassemble les oeuvres, de peintres illustres tels que Rubens, Delacroix, Tintoret, Vouet, Le Pérugin, Modigliani ou Picasso ainsi que des sculptures de Rodin, Duchamp-Villon, Laurens, César, etc. Les artistes lorrains sont bien sûr mis à l'honneur avec des tableaux de Claude Le Lorrain, Emile Friant, Victor Prouvé, Etienne Cournault et Francis Gruber, pour n'en citer que quelques-uns.
Le cabinet d'art graphique propose régulièrement des expositions révélant le fonds important de dessins et estampes que possède le musée.
Au sous-sol, la collection Daum est présentée autour de vestiges de fortifications allant du XV au XVII, siècle : près de 400 verreries racontent l'histoire de la manufacture nancéienne, depuis l'époque Art nouveau jusqu'aux productions contemporaines.
MUSEE DE L'ECOLE DE NANCY
Ce musée extraordinaire renferme une collection unique au monde des plus grands créateurs de la célèbre école de Nancy. Majorelle, Gallé, Prouvé, Gruber, Vallin, Daum, Walter, Friant... Les oeuvres de ces artistes prestigieux ont, depuis Nancy, donné tout son éclat àl'Art nouveau. Dans le cadre enchanteur de la maison Corbin, avec son parc et son étrange aquarium circulaire, le musée détient une collection exceptionnelle: l'incroyable lit «Aube et Crépuscule» signé Gallé, les meubles nénuphars de Majorelle, la salle à manger Masson de Vallin et un ensemble unique de verreries, plus étonnantes les unes que les autres...