
MONTPELLIER
Soucieuse de son histoire et avant-gardiste à la fois, Montpellier, capitale du Languedoc-Roussillon, a su valoriser son patrimoine architectural en intégrant des projets résolument modernes. Mais par rapport aux villes voisines de Nîmes, Arles ou même Agde, qui ont d'ailleurs conservé des vestiges de l'Antiquité, Montpellier fait figure de « minot», car la ville n'a été fondée qu'au Moyen Age. L'essentiel de son patrimoine gardent principalement l'empreinte des XVI,, elle et XIX, siècles. L'aspect médiéval ne réside que dans la disposition des rues de l'Ecusson, coeur historique, et dans les restes de la Commune. De l'enceinte fortifiée du Xlle siècle subsistent tout de même la tour des Pins et celle de la Babote. Mais Montpellier la jeune est depuis longtemps fière de sa faculté, notamment celle de médecine (la plus ancienne d'Europe encore en activité, où ont étudié ensemble, au XVI, siècle, Nostradamus et François Rabelais). Dans les mêmes temps, ses voisines prospéraient dans la vigne et faisaient de la région une plate-forme de la viticulture française. Ancrée dans son terroir, Montpellier se rappelle aussi qu'elle fut une terre viticole et invite à la découverte des vignobles des alentours. Mais d'abord, il faut s'être promené dans le dédale des rues étroites, avoir poussé les portes de cours secrètes ornées d'escaliers à vis ou de portiques classiques et admirer les façades des hôtels particuliers, tel celui des trésoriers de France (XVe-XVII,), siège du musée languedocien.
Dans cette ville musée, ponctuée de statues et de
fontaines, on plongera sous la place Jean-Jaurès,
dans la crypte Notre-Dame-des-Tables, où se trouve installé le musée de l'Histoire de Montpellier (projection vidéo d'une reconstitution virtuelle en images 3D. Sa salle des caveaux présente pour sa part l'histoire récente de la ville ainsi que son évolution future. Le musée Languedocien occupe quant à lui un bel hôtel particulier (arts et traditions populaires, collections depuis la préhistoire jusqu'au XIX, siècle). En fait, la ville regorge de musées, mais le principal, le site phare, reste le musée Fabre (voir par ailleurs).
Côté espaces verts (et il y en a de nombreux à Montpellier), on visitera avec bonheur le jardin des Potiers situé près du Corum, ses cyprès et son olivier lui donnent une tonalité très méditerranéenne. Les soubassements d'une chapelle de l'ordre du Saint-Esprit, datant du Xlle siècle, y sont mis en valeur, de même qu'une reconstitution de la porte royale du Pila Saint-Gély, patrimoine sauvé lors des fouilles archéologiques, précédant les travaux du tramway. Le Jardin des Plantes fait figure de monument historique : créé par un édit d'Henri IV pour les besoins en plantes médicinales de la faculté de médecine, c'est le plus ancien de France. Au chapitre des réalisations contemporaines, on citera le quartier Antigone, réalisé à la fin des années 70 par l'architecte catalan Ricardo Bofill. Aspirant à l'harmonie, sa place du nombre d'Or et ses vastes perspectives dessinent un forum de style néoclassique, mêlant logements, bureaux et commerces. Antigone est doté de plusieurs équipements majeurs : la bibliothèque municipale centrale Paul-Chemetov et Borja-Huidobro et la piscine olympique de Ricardo-Bofill.