
BOURGES
A Bourges, la devise est: « Summa imperii panes Bituriges » (« le souverain pouvoir appartient aux Bituriges »). C'était à une époque où la ville s'appelait Avaricum. Depuis, la capitale du Berry traverse le temps, toujours aussi jeune, peut-être en partie grâce à son festival, le Printemps de Bourges, qui dure depuis plus de 30 ans et qui, entre têtes d'affiches et découvertes, demeure une valeur sûre.
Archétype de l'art des bâtisseurs, toujours empreinte d'une part de mystère, la cathédrale Saint-Étienne est un pur joyau de l'art gothique, inscrite au patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1992. La ville a conservé de ses quartiers anciens des hôtels de la fin du XV• et du début du XVI" siècle : l'hôtel des Echevins (qui abrite le musée Maurice Estève, peintre majeur de la seconde moitié du XXe siècle), l'hôtel Lallemant (musée des Arts décoratifs) et l'hôtel Cujas (musée du Berry).
Les marais de Bourges réservent une surprise des plus agréables à qui apprécie les parenthèses hors du temps. Des marécages nauséabonds du Moyen Age est né le paradis des promeneurs, des jardiniers et des pêcheurs : 135 ha découpés en 1 500 parcelles, depuis les Marais du Haut jusqu'aux Marais du Bas, protégés des crues par la digue de l'Yèvre. Labyrinthe de chemins et de sentiers, dédale de ruisseaux et de coulants où glissent de longues barques à fond plat, les marais bordent une mosaïque de jardins aux grilles rouillées, potagers ou jardins japonais, bordés de fossés et couverts de nénuphars... Quarante espèces d'oiseaux nichent en ces lieux abrités : poules d'eau, grèbes, bergeronnettes, hérons cendrés, sous un ciel sillonné d'hirondelles, de martinets, de libellules et de papillons. Les chats qui guettent musaraignes et campagnols, livrent aussi une bataille opiniâtre contre ragondins et rats musqués, hantise des jardiniers (le chat est bien plus rusé...); tandis que les grenouilles tentent d'échapper aux couleuvres à collier entre les joncs, les iris d'eau et les renoncules des marais.
Pour autant, Bourges n'a pas oublié de prendre le virage du MI, siècle et vit résolument ancrée en son temps, avec la particularité de porter une attention toute particulière à la protection de l'environnement, aussi bien dans ses transports urbains que dans sa politique de construction et d'aménagements urbains.
La Loire à vélo
Pour découvrir à son rythme le patrimoine naturel et architectural de la vallée de la Loire, un itinéraire balisé et sécurisé de bientôt 800 km relie peu à peu le Berry à l'Atlantique. Vous trouverez les principales étapes de cette "Loire à vélo" en ouverture de chaque département concerné: ceux de la région Centre, à l'exception de l'Eure-et-Loir et de l'Indre (le fleuve ne passant pas par ces départements). Vous les retrouverez dans le Maine-et-Loire et en Loire-Atlantique, au chapitre des Pays de Loire. La Loire à vélo est une véloroute, itinéraire qui alterne entre petites routes faiblement fréquentées, pistes cyclables et voies vertes. Ce projet fait partie de « l'Eurovéloroute des Fleuves» qui, de tronçon en tronçon, reliera Nantes à Budapest (soit 2 400 km d'itinéraires cyclables). Des loueurs et réparateurs de vélos ainsi qu'un réseau d'hébergements qualifiés, appelé «Accueil Vélo» se sont engagés autour d'une charte Qualité pour proposer des services adaptés aux cyclotouristes (transfert des bagages à l'hébergement suivant, kit de réparation, petit-déjeuner adapté à l'effort, local sécurisé pour les vélos.
CATHEDRALE SAINT-ETIENNE
Sise sur l'ancien rempart gallo-romain dans la ville haute, la cathédrale gothique construite au XII• siècle par l'archevêque Henri de Sully, puis par Guillaume de Dangeon, son successeur, exalte la puissance des archevêques de Bourges. Toujours entourée des maisons à pans de bois de l'époque, elle est classée au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1992 pour «ses proportions et l'unité de sa conception. Son tympan, ses sculptures et ses vitraux sont particulièrement remarquables».
Elle frappe par tant de beauté et par la maîtrise dont ont fait montre ses bâtisseurs. Un exemple, un seul : l'étonnante méridienne de cuivre du chanoine Goumet comporte trois oeilletons percés dans les verrières qui permettent aux rayons du soleil de pénétrer à midi l'admirable ensemble de vitraux. Quant aux amateurs de mystère et d'ésotérisme, ils ont de quoi méditer pour l'éternité.
Au sous-sol, la crypte abrite le gisant du duc de Berry (Xe siècle), une petite galerie vestige d'un sanctuaire du Xle et comportant des motifs libertins, ainsi que de grandes statues qui autrefois ornaient la façade.
On peut ensuite tenter une ascension plus matérialiste, celle de la tour nord (la Tour de Beurre), son escalier à vis de style Renaissance et ses grotesques. Au bout des 396 marches, un pélican de bronze guette votre arrivée; d'en haut, le panorama sur la ville, les marais et le lac d'Auron sont tout simplement superbes. Des travaux de rénovation du portail nord sont en cours.
PALAIS JACQUES-CŒUR
Au sommet de sa puissance, Jacques Coeur, argentier du Roi, décide de faire construire «La Grant'Maison », édifiée entre 1443 et 1450. Bel exemple de palais urbain du milieu du XV• siècle, l'édifice est remarquable par son abondant décor de style flamboyant.
La façade arrière doit son aspect rude au fait qu'elle a été bâtie sur le rempart gallo-romain, en réutilisant les tours. A l'inverse, la façade donnant sur la rue est un bijou de raffinement. L'intérieur possède encore de magnifiques exemples d'architectures (cheminées, plafonds, chapelle, etc.) mais les restaurations ont dénaturé de nombreuses pièces. Il reste toutefois quelques belles sculptures, dont un Tristan et Iseult, un bas-relief représentant une galée et des vitraux remarquables. Jacques Coeur a utilisé son palais une seule fois, en 1450, pour les fêtes données lors de l'accession de son fils Jean au titre d'archevêque de Bourges. En 1451, le palais tout juste terminé, le Grand Argentier fut condamné, et l'édifice spolié par le roi, en même temps que l'ensemble de ses biens. La façade intérieure a été récemment restaurée.
MUSEE ESTEVE
Construit en 1489, sur le rempart gallo-romain, juste après le grand incendie de la Madeleine, cet édifice fut jusqu'en 1682, le siège des quatre échevins et celui de la municipalité de Bourges, d'où son nom «d'Hôtel des Echevins». Restauré en 1985, il abrite depuis 1987, la donation du peintre Maurice Estève. Né et décédé à Culan (1904-2001), cet autodidacte se passionna pour la couleur et subit l'influence de Cézanne, Braque et des surréalistes. Dans un ensemble de salles spacieuses à l'architecture sobre et grandiose, agrémentées de deux cheminées de pierre finement décorées, un parcours chronologique réparti sur trois étages permet de suivre l'itinéraire pictural d'un artiste contemporain entre 1919 à 1998. Au deuxième étage, un document audiovisuel permet de découvrir le travail de Maurice Estève, dans son atelier.